Emmanuel Macron, mardi 16 janvier 2024, lors de sa conférence de presse à l’Elysée.

Live en cours

Le président de la République a répondu aux journalistes sur les grandes actions à venir pour la suite de son quinquennat, une semaine après la nomination de son nouveau premier ministre, Gabriel Attal, et de son gouvernement.

Ce qu’il faut retenir de la conférence de presse d’Emmanuel Macron

  • Le président de la République a multiplié les annonces, mardi soir, lors d’une conférence de presse d’une durée de deux heures vingt pour donner corps à son concept de « réarmement ». Devant son nouveau gouvernement et des journalistes, le président a esquissé « le sens profond » de cette nouvelle phase de son action à la tête de l’Etat.
  • Emmanuel Macron a dit souhaiter déterminer « le bon usage des écrans pour nos enfants », sur la base d’un rapport d’experts que le chef de l’Etat a réunis la semaine dernière. Par ailleurs, « dès la rentrée 2024, l’instruction civique sera refondée. Son volume horaire sera doublé – une heure par semaine dès la 5e – avec, en appui, les grands textes fondateurs de la nation », a ajouté le président, qui souhaite également « que le théâtre devienne un passage obligé au collège dès la rentrée prochaine », de même que l’histoire de l’art au collège et au lycée. Le chef de l’Etat a, en outre, annoncé que la tenue unique pour les élèves serait expérimentée dès cette année dans une centaine d’établissements scolaires volontaires.
  • Le président a annoncé la création d’un « congé de naissance » de six mois pour remplacer le congé parental, ainsi que le lancement d’un « grand plan » pour lutter contre le « fléau » de l’infertilité, deux mesures visant à relancer la natalité en France.
  • Le chef de l’Etat a, par ailleurs, souhaité des mesures pour permettre de « mieux gagner sa vie par le travail », et que les fonctionnaires soient davantage rémunérés « au mérite ».
  • Emmanuel Macron a défendu un doublement des franchises médicales, à 1 euro, jugeant que cette hausse du reste à charge était une « bonne mesure » de responsabilisation des assurés sociaux.
  • Le président a récusé tout « conflit » entre école privée et école publique en pleine polémique sur les propos de sa nouvelle ministre de l’éducation, Amélie Oudéa-Castéra, qui a mis ses enfants à l’école privée en dénonçant des « paquets d’heures pas sérieusement remplacées » dans le public. Concernant la scolarisation des enfants, « on ne juge pas les gens sur leurs choix individuels », a ajouté le chef de l’Etat, qui a dit avoir de « l’indulgence » pour sa ministre après ce qu’il a qualifié de « propos maladroit ».
  • Emmanuel Macron a également défendu sa nouvelle ministre de la culture, Rachida Dati, venue des Républicains et mise en examen dans l’affaire Carlos Ghosn. Emmanuel Macron a salué « son énergie, son talent, sa liberté ». « Il n’y a pas de règles qui font qu’un ministre mis en examen devrait quitter le gouvernement », a assuré le chef de l’Etat, estimant que « la justice doit faire son travail avec sérénité ».
  • Emmanuel Macron a accusé le Rassemblement national d’être le « parti de l’appauvrissement collectif » et « du mensonge ». « Lutter contre l’immigration clandestine, c’est, je pense, une des réponses au Rassemblement national », a-t-il affirmé, mettant également en avant la lutte contre le « chômage de masse » et appelant à remédier au « sentiment de dépossession » que peuvent ressentir les Français.
  • Le président a annoncé que son gouvernement irait vers « une généralisation du service national universel » (SNU) en classe de 2de. Revenant sur les émeutes après la mort du jeune Nahel M., tué par un policier, il a évoqué « le réengagement » des familles et l’accompagnement des familles monoparentales, plaidant aussi pour « une réponse plus adaptée dans le système scolaire », et « une réponse pénale plus claire ». « C’est un ensemble », a-t-il argumenté, ajoutant que, « oui, le service national universel fait partie de la réforme ».
  • Le chef de l’Etat a dit n’avoir « aucun regret » d’avoir défendu la présomption d’innocence de l’acteur Gérard Depardieu, mis en examen pour viol et visé par plusieurs plaintes, tout en regrettant de ne « pas avoir assez dit combien la parole des femmes » victimes de violences « est importante ».
  • Emmanuel Macron a plaidé pour que les maires de Paris, Lyon et Marseille soient élus au suffrage universel direct, appelant à une réforme de la loi en ce sens, comme le souhaitent de longue date les élus de son camp dans la capitale.
  • Emmanuel Macron a annoncé l’organisation, le 7 février, d’un hommage aux victimes de l’attaque du Hamas en Israël.
  • Il a enfin affirmé qu’il se rendrait « en février » en Ukraine, et que la France allait livrer à ce pays quarante nouveaux missiles à longue portée Scalp et « des centaines de bombes ».

Tout le live

La nostalgie d’une France d’antan

Et soudain, Emmanuel Macron a repris les accents d’un président en campagne. Mardi, au mitan de son second et dernier quinquennat, le chef de l’Etat avait convié la presse à une grand-messe médiatique diffusée à une heure de grande écoute pour, explique-t-il d’entrée, « dire au pays d’où nous venons et où nous allons ».

Pour reprendre l’ascendant politique, le chef de l’Etat flirte avec la nostalgie d’une France d’antan, promettant de tout faire pour « que la France reste la France », empruntant ce slogan passe-partout à Reconquête !, le parti d’Eric Zemmour, et aux Républicains.

Claire Gatinois décrypte, dans l’article ci-dessous, la longue conférence de presse donnée par le président.

La stratégie française par rapport aux guerres actuelles

Désireux de montrer que la France n’est pas à la traîne en matière de soutien militaire à l’Ukraine, Emmanuel Macron a indiqué, lors de sa conférence de presse, fournir à Kiev quarante missiles air-sol Scalp à longue portée et « plusieurs centaines de bombes ».

Evoquant les bombardements de Gaza, menés par Israël en représailles à l’attaque meurtrière du Hamas sur son sol, le président français a à la fois défendu l’instauration d’un « cessez-le-feu » et la nécessité pour Israël de procéder désormais à des « opérations ciblées ».

Paris-Lyon-Marseille : vers une nouvelle loi électorale

Interrogé sur ses échanges avec Rachida Dati, qui vise la Mairie de Paris en 2026, Emmanuel Macron a dit vouloir réviser la loi électorale dite « PLM ». Une évolution qui pourrait favoriser la majorité présidentielle et la droite dans la capitale.

Les thèmes abordés par Emmanuel Macron

Une semaine après la nomination d’un nouveau gouvernement, le chef de l’Etat a voulu fixer, mardi soir, son cap, « dire le sens profond » de son action, avant que le premier ministre, Gabriel Attal, détaille sa feuille de route, le 30 janvier, devant le Parlement, lors de son discours de politique générale.

Voici les différents points abordés par le chef de l’Etat.

Le résumé des annonces d’Emmanuel Macron en vidéo

Lors d’une grande conférence de presse de deux heures vingt, le président a multiplié les annonces, mettant en avant son concept de « réarmement » de la France.

Retrouvez un condensé de son intervention avec cette vidéo.

« C’était ça, la grande initiative pour unir les Français ? », demande Olivier Faure (PS) 

« C’était ça, la grande initiative pour unir les Français ? », s’interroge le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, sur X.

« Les jeunes, classe dangereuse au pas. Les salariés renvoyés à l’arbitraire patronal, les franchises [de santé] doublées, les chômeurs sanctionnés, l’écologie limitée, l’électricité augmentée, la préférence nationale assumée… », énumère-t-il en guise de conclusion.

Des « ambitions monumentales », mais « des annonces modestes », selon Eric Ciotti (LR)

« Le président de la République promettait un rendez-vous avec la nation. Ce ne fut qu’un rendez-vous avec lui-même », a estimé, dans un communiqué, Eric Ciotti, président des Républicains.

« Au cours d’un long exercice d’autosatisfaction, il a expliqué que, depuis six ans et demi, tout va mieux. Nous ne l’avions pas remarqué. Le président de la République a dressé une liste de vœux pieux, avec laquelle il est difficile d’être en désaccord, mais les ambitions sont aussi monumentales que les annonces sont modestes », juge-t-il, ajoutant : « Les Français attendent plus que des discours : ils attendent des actes e